Les nouvelles de 64 mots se rebiffent

25 September 2009 | N64M | Pas de commentaire

Quand Koen Koïplatt était petit, il collectionnait les vignettes Panini de ses idoles. Aujourd’hui, Koen est devenu un joueur de football professionnel, et figure fièrement dans l’album autocollant du championnat anglais. Il sait cependant que les vignettes rares sont réservées aux très grand joueurs. Or cette semaine – est-ce une conséquence de son pénalty manqué ? – sur vingt pochettes, il s’est déjà compté sept fois.

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Quelques nouvelles de 64 mots, suite

19 September 2009 | N64M | Pas de commentaire

Philippe est dépressif, suicidaire. Pour marquer le coup, il décide de se faire poser un piercing très personnel : une balle dans la tête, sous anesthésie. L’opération pratiquée, Philippe se réveille amnésique. Après concertation, son caprice lui est tu. Décembre, rien ne va ; Philippe s’achète une arme, la pointe sur sa tempe et, subitement meurt d’un anévrisme cérébral. A l’autopsie, le médecin légiste est dubitatif.

Eve Foxy, la fille du metteur en scène, vient de tourner son premier film X ; mais, en tant que cinéphile, elle est rapidement horrifiée par le scénario du produit monté sous ses yeux. Elle décide – papa sera d’accord – de prendre les choses en main. Eve est fan de Lynch, et déjà elle remplace chaque séquence de cul par le plan fixe d’une ampoule rouge.

Les True Dolly sont des poupées moulées, grandeur nature, à usage coquin. Vladimir Vladimov, le patron de la firme, vu la crise mondiale, décide de concevoir un modèle moins luxueux, plus petit, à prix compétitif ; il s’envole pour Prague pour présenter son spécimen ; mais à la douane, on le maintient au sol, et on lui demande de cracher un âge entre 9 et 12.

“Our Dad Brett”, série familiale américaine, devait être diffusé pour la rentrée 1987 aux USA. Cependant les 24 scripts de la première saison ne furent jamais tournés – seuls deux pilotes divergents virent le jour. Car depuis plus de 20 ans les deux producteurs, messieurs Black et Goldberg, n’ont jamais réussi à se mettre d’accord sur l’emplacement de la porte d’entrée par rapport au sofa.

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Nouvelle de 64 mots, suite

15 September 2009 | N64M | Pas de commentaire

La Monica mythomane que j’ai au bout du fil étrangle un sanglot. Alors comme ça elle avait une vie, deux filles et un mari ? Je pouvais bien, alors, les lui kidnapper, et demander une rançon à la hauteur. La police enregistre nos échanges, j’entends le cliquetis. On lui dit de faire ce que je demande, et dans ma pièce vide, je compte jusque soixante.

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Quelques micro-nouvelles de 64 mots

21 August 2009 | N64M | Pas de commentaire

Bernard était un écrivain raté. Jamais il n’aura su séduire un comité de lecture. Quand on a découvert son corps, pendu au lustre de son bureau, Bernard avait laissé sur sa machine à écrire ses dernières volontés. Mais ni sa femme, ni sa fille, ni même le notaire ne purent saisir le sens exact des phrases caduques et malhabiles soigneusement rédigées par l’artiste déchu.

Pour son cinquantenaire, Roger reçoit de la part de sa femme une superbe montre de bijoutier. Cette Rolex possède, en outre, la particularité d’être étanche à 200 mètres. Roger n’a jamais fait de plongée, mais le bijou à son poignet lui rappelle sans cesse ce gâchis. L’annulation de leurs vacances à la montagne est le premier pas de Roger vers son œdème pulmonaire traumatique.

René est concepteur de polices de caractères. Depuis quelques semaines, nombre de ses clients se plaignent de la graphie du signe “S”, sur l’ensemble de sa nouvelle collection. René, en pleurs, a décidé de rédiger une lettre, qu’il leur enverra à tous, dans laquelle il avoue que depuis que Solène l’a quitté, il a délégué le traçage du “S” à sa seule main gauche.

Greg, concepteur d’un modèle révolutionnaire de boîtier pour DVD, avait fait savoir qu’il souhaitait se faire enterrer dans une réplique géante de son invention. A sa mort prématurée, ils se sont tous jaugés, le regard fuyant. Sa veuve, Helen, qui le trompait depuis toujours avec un musicien, proposa finalement une mise en bière rapide dans la valise d’une contrebasse, puisqu’il fallait tourner la page.

Daniel a été victime, il y a vingt ans, d’une agression sauvage à la batte de baseball. Au sortir de l’hôpital, Daniel perçoit une indemnité de handicap qu’il décide de placer intégralement en bourse. Il y a vingt ans, Daniel ne savait pas ce qu’était un home run. Aujourd’hui, il ne quitterait pour rien au monde ses hautes fonctions au sein de la MLB.

Xavier rêvait de figurer dans le Guinness Book. Il s’était imaginé manger, en moins d’un mois, un moteur de voiture – désossé, voire pilé. Sa femme n’en revenait pas d’une telle bêtise, et provoqua une dispute qui la vit claquer la porte et filer en pleurs chez une amie. En chemin elle percute un arbre, devançant le record de son mari de presque 31 jours.

Le pauvre monsieur Prévert arpente notre service psychiatrique depuis trente longues années. Un soir de 1979, l’assassin générique a sous ses yeux violé puis exécuté sa femme et ses enfants. Intacte, la maison du drame est, depuis le fastidieux encaissement du chèque de ce mois, sa dernière richesse. Et le seul endroit pour lui où résider à partir du premier jour du mois prochain.

Rodolphe Hubert n’avait pas eu l’occasion de passer son baccalauréat en 1934. Huit décennies plus tard, encouragé par son arrière petit-fils, Rodolphe salue les caméras de télévisions, qui vont le suivre lentement jusqu’à la cimaise affichant les résultats. Sur son parcours, le vieil étudiant a déjà croisé le regard fuyant de quelques camarades de classe, et déjà plusieurs caméras se sont silencieusement escamotées.

Norbert est un collectionneur né. Depuis son premier rhume, l’amateur cherche à se constituer le plus rare assortiment d’ordonnances médicales qui soit. Il possède quelques belles pièces, obtenues au péril de sa vie. Aujourd’hui, Norbert se rend chez son médecin de famille avec une impatience non feinte. Car pour obtenir la prescription prisée qu’il vise, il a dû se laisser enculer au troisième degré.

D’après les magazines spécialisés, Angèle Angelova était la plus jolie des tenniswomen montantes. Un malheur la frappa cependant lors d’un tournoi exhibition : voulant réceptionner un smash, la jeune fille se brisa le poignet droit. Incrédule, elle arborait devant les caméras son moignon désossé et, déjà, son agent déposait le brevet de “fracture glamour”, pour lui assurer un revenu pendant la longue revalidation qui s’annonçait.

Madame Pierre souffre d’agoraphobie – depuis vingt ans elle vit cloitrée dans sa demeure. On lui apporte la soupe, et ses mercis proviennent toujours du fin fond du couloir. Vingt ans, c’est également la peine infligée à son mari pour mauvais traitements ayant conduit au meurtre de son ex-femme. Madame Pierre a tenté aujourd’hui d’arriver jusqu’au seuil ; ce soir, Freddy rentre à la maison.

Bella aujourd’hui a tracé, appliquée, une longue lettre à l’attention de l’Académie Française. Hier, dans son propre salon, sous l’œil embarrassé des femmes au foyer les plus influentes du quartier, Bella a perdu au Scrabble son entière crédibilité et son honneur de ménagère. Elle relit une dernière fois sa missive polie, une proposition d’ajout au dictionnaire du verbe “diarrher”, avant, satisfaite, de sceller l’enveloppe.

Au cas où John Carlysle, l’acteur principal de la série, venait accidentellement à mourir, il plongerait la production dans une merde épaisse. Alors ils ont décidé de tourner un épisode fantôme, au cas où, dans lequel John, résolu, passe son badge à Bill, l’acteur réserviste. Et John lui donne la réplique, étourdi à la pensée que si ses paroles sont diffusées, il sera mort.

Jacques est attentif aux nouveautés dans l’univers de la pub. Il aime à désassembler la structure de ces petites armes de persuasion massive. Il s’empresse, au quotidien, d’en appliquer les ficelles à son petit monde. Jacques confie cela à son psychiatre, qui propose, à la mémoire des disparus, de remettre ces pratiques en question. Jacques déjà désassemble la structure du monologue du docteur Bloomberg.

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C’est dramatique

15 August 2009 | Vicissitude | Pas de commentaire

Je n’habite plus à Liège ; c’est dramatique, je crois. J’habite sur un plan abstrait. Gouvy, dans la province du Luxembourg, est un plan abstrait. C’est une paroi morne sur laquelle mes souliers claquent avec un écho métallique. C’est une grille parsemée de sprites de vaches. Les moutons sont des tag-clouds plantés entre ses vertices.
Au boot, Nadège m’apporte des emails en papier. C’est tout.
Et je suis depuis six mois ce petit Mesh.3ds enfiché sous un toit comme un chewing-gum est collé sous un pupitre, en train de fomenter une récupération système à la date de mars 2009.

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Je compte les laps

26 July 2009 | Vicissitude | 4 commentaires

En novembre 1991, je tombai malade. Presque 20 ans plus tard, je suis assis en tailleur sur le sol d’une pièce dépouillée de tout, positionné rigoureusement en son centre ; les quatre murs sont à équidistance de mes mains en lotus. J’attends que la crise passe. Les battements de mon cœur pulsent au bout de mes doigts joints, et je compte les laps, comme on compte les laps durant un orage pour se rassurer.
Il ne doit pas se passer quelque chose d’innommable pour que je perde le fil, un rien suffit. Depuis ce fameux jour de novembre de cette fameuse année impaire, ce ne sont que des broutilles qui m’ont mené à la souffrance. Je le sais et, les jours de consultation, c’est un sujet de discussion éternel avec le docteur Berg. Cette vérité inéluctable qui devrait me rassurer ; jamais je ne suis passé de l’autre côté. Jamais je ne suis entré dans la folie. Le handicap n’en est pas moindre ; l’incohérence causée par la terreur m’oblige à rester ici, m’empêche de vivre ma vie d’adulte.
Mes bras forment à présent avec mon corps un carré, mes jambes sous-jacentes sont pliées de telle sorte que la plante de mes pieds en soient le centre. J’expulse de mes poumons tout l’air qu’ils contiennent, finit dans un râle, tente une remontée calme, inspire lentement, recommence ; jusqu’à ce que les idées morbides soient expulsées par une harmonie géométrique, numérale et temporelle.

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Dans le Chronic’Art #50

19 July 2009 | Geek | Pas de commentaire

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La drache

19 July 2009 | Vicissitude | Pas de commentaire

Sous la drache, planté dans mes chaussures en croûtes, elles-mêmes sucées au sol par la boue et la merde, je tremblais de tous mes membres. Le long de mon maillot gris qui me tétait le torse, mes poings en boules tentaient de maintenir l’influx nerveux. Mon corps incliné résistait tant bien que mal à la rafale ininterrompue. Ma silhouette pâle était escamotée derrière cent rideaux de pluie. Les autres, sur le terrain, étaient des ombres ton sur ton, des postures fugitives d’athlètes bandés, tendus ; mais jamais le ballon. Je ne le vis jamais. L’horizon était blanc, les jeunes adonis étaient gris, et à mes pieds statiques la fange était noire comme une coulée d’anthracite.

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девушка (courte nouvelle en ligne)

15 July 2009 | Littérature | 1 commentaire

Plantée les bras croisés au milieu de la file des candidates, Marina parfait sa moue d’adolescente exaspérée. Elle imprime son petit déhanché paresseux, roule des yeux au plafond, soupire, se ventile ; en d’autres termes, elle adopte l’attitude professée par son agent Piotr pour séduire un jury.
Il faut signifier à la cantonade qu’elle n’a que finalement daigné se présenter à ce casting. Qu’elle a d’autre projets pour sa journée.
La réalité, c’est qu’elle n’a aucun autre projet pour sa vie ; rien d’autre au programme que d’arpenter semaines après semaines les salles d’auditions bondées d’adolescentes colériques.
Le rôle du jour : cadette de la famille, découvrant ce produit laitiers, Marina doit se montrer extatique à sa première cuillerée, ponctuant son orgasme d’une baseline inspirée. Cible : cette famille-témoin répétée quinze millions de fois sur le territoire russe.
Marina répétée quinze millions de fois sur le territoire russe. Un fantasme.

Plantée les bras croisés au milieu de la file des candidates, Marina doit feindre l’ennui au sein des Jardins Suspendus. Bouder au cœur des Pyramides.
Et bien sûr, au moindre moment d’inattention (un enthousiasme résiduel, soixante-quinze grammes de surpoids, un rapport lumens/teint négatif) elle redeviendrait la bergère de son hameau perdu, et cette idée – insupportable –, ce couperet ignoble, lui sert de véritable dynamo : elle y puise une telle force que son visage semble maintenant déformé, belliqueux.
A l’autre bout du hangar, observateur attentif, vêtu de son éternel survêtement de sport bleu de Prusse au flocage orangé, son agent Piotr approuve d’un signe de tête la prestation morbide de sa gamine. Marina doit réprimer ce soulagement tiède qui lui monte, et qui pourrait tout foutre en l’air, ce relâchement qui blaire les pâturages de son Ukraine natale.

Echo sur le béton ; Madame Bulykinovskaïa fait claquer ses talons le long de la file des jeunes nymphes agacées. Chasse la mèche de l’une, toise le menton d’une autre. Marina choisit ce moment pour exhaler un nouveau souffle de dédain et, interpellée, Bulykinovskaïa s’arrête à sa hauteur. Un doigt momifié frôle la tempe de Marina et la gamine lit ces mots qui se forment au ralentit sur l’orifice rouge et os de la Vioque :
« Votre-frange-est-passée-de-mode-Mademoiselle. »
Bon sang, que fait-elle là ? Va-t-elle s’écrouler ? Elle ne passera peut-être même pas le casting du casting.
Marina dit « Oui, Madame. », mais Madame Bulykinovskaïa est déjà sur une autre tempe, sur un autre menton.
Et à nouveau, la scène se répète ; la fille en tête de cortège s’avance et prend place sur un tabouret arrimé face à un fond bleu, s’empare d’une cuillère, d’un pot démarqué.
Noire de cheveux, c’était un des base requirements. Comme la peau blanche qui tend sur le translucide. Comme les treize ans minimum, les quinze maximum. Celle-ci, face à la caméra, a l’habitude des castings, Marina l’a croisée plusieurs fois autour de Saint-Pétersbourg. Elles ont même été figurantes dans ce clip, il y a trois mois. Son prénom ne lui revient pas. Si, Lola. Elle se prénomme Lola. Les assistantes s’affairent autour du minois pincé de Lola puis au moment où elles se retirent toutes, la jeune adolescente présente le produit, le déglutit, montre la satisfaction orgasmique, balance la baseline et, après ce qui aura duré tout au plus une minute, sa tête enfin disparaît de tous les moniteurs.
Quelque chose a changé chez Lola, un détail sans doute… comme un petit genre qui lui aurait poussé durant ces trois mois ; dans l’ombre, Marina n’arrive pas à la quitter des yeux.
Les filles font à nouveau toutes un pas en avant, et Marina est bousculée comme les autres à chaque fois ; au loin, suivie au col par ce qui doit être sa mère, Lola se traîne vers le couloir aux collations et, arborant un visage abattu, elle disparaît de vue.
Marina reprend ses esprits. Il n’y en a plus pour très longtemps avant sa prestation à elle. C’est le moment de toiser les assistantes, de ne plus penser à Piotr et de foncer pour la dernière ligne droite.

***

Marina a pensé quelques fois à Lola durant la semaine qui a suivi le casting de Saint-Pétersbourg. Mardi, au milieu du lac flottait une bouée rouge, c’était sa bouche. Hier, dans la voiture de Piotr, il y avait trois jeunes femmes, adultes, inconnues. L’une d’elles s’appelait Lolla. Une chaîne très fine, léger filin d’or, comme tracé à l’ocre sur ses clavicules, battait au rythme de son pouls et de ses fous rires.
Aujourd’hui, les hasards faisant parfois bien les choses, Marina déchiffre avec espoir la feuille A4 rose scotchée à la porte de cette chambre d’hôtel – lieu du dernier shooting de février –, mais le nom de Lola n’y figure pas. Ni celui d’aucune autre fille qu’elle.
Précédés par leur valise, Marina et Piotr gagnent lentement leur chambre.
Ici les quarts d’heure sont figés, et Marina semble chargée d’adrénaline ; elle finit par taquiner son agent, fait mine d’en arriver aux mains, puis y arrive et Piotr jure en évitant les coups. Marina est essoufflée et, pliée en deux sous lui, elle ironise sur la force des Mâles ; puis quand les rires se sont taris et que le calme est revenu, elle décide de passer le reste du temps à s’occuper des valises. Quand elle arrange les dentifrices sous le miroir, elle s’y découvre un teint vif et éclatant. La tête en arrière, Marina envoie un baiser à son reflet, puis sort de la salle de bain. Piotr dort. La jeune fille quitte la chambre en emportant un snack.
Elle se retrouve, insouciante, à voguer dans le patio, vérifiant si les meilleurs scores affichés sur le flipper de l’hôtel ont changé depuis son dernier shooting ici, le mois dernier. Puis elle se laisse glisser jusqu’à la réception. Ici, allongé sur un des deux divans, un gros homme dort. Elle pense reconnaître Monsieur Franz, quoique vu l’angle, ça reste une impression. La télévision est allumée, mais le son est coupé. L’increvable chat du patron est incurvé sur une pile de linge propre. A son incursion, le félin lève une oreille, pas davantage ; Marina immobile au milieu du petit salon commun, fixe le gros homme en mâchant son snack. Elle n’arrive pas à décider s’il s’agit de Monsieur Franz ou non. Elle continue à mâcher, aussi imperturbable que lui. Puis au milieu du silence total, l’homme tousse et se retourne sur sa couche ; Marina prend ses jambes à son cou et regagne sa chambre.
« Je pense avoir vu Monsieur Franz, fait-elle. Il dormait, je n’ai pas vu sa tête, mais je pense avoir reconnu le reste. Même s’il a grossi. » Piotr est occupé à laver deux jupes. Il ponce une tache avec sa brosse à dent, le volume de la mousse décuple et dégringole sur la moquette.
« Très bien. » répond-il, puis plus inquiet « tu mettras la robe jaune. Celle-ci devra passer sous les griffes d’un autre décapant. »
N’ayant rien d’autre à faire, gonflant les joues, Marina prélève sa panoplie jaune et passe se déshabiller dans la salle de bain.

A l’heure indiquée sur la feuille A4 rose, Marina frappe à la porte de la chambre de Monsieur Franz. Elle porte le t-shirt « fourteen » de la boîte de production, et ses hanches maintiennent la jupe jaune autour de ses cuisses. Quand la porte s’ouvre, Marina entre et se décale par habitude, pour gagner directement la kitchenette. Elle a fait un rapide signe à Monsieur Franz, mais le boss ne joue pas trop dans le social. Au milieu de la chambre sont étalés les différents appareillages vidéos du metteur en scène, que la jeune actrice enjambe méticuleusement.
Elle retrouve Oliver, assis à la table, qui laisse un instant son repas pour se lever et lui faire la bise. Il ne trouvera rien à dire durant les cinq minutes suivantes, mais Marina ne s’en rendra pas compte ; elle s’est de suite laissée aller, le visage posé sur le revers de la main, à chercher une bouche, une courbe, une fille aux cheveux noirs, dans le décor qui s’étend par-delà la fenêtre. Puis, enfin, elle se rend compte :
« Pardon, Oliver. Quelque chose ne va pas ? »
Oliver mâche sa viande rouge bien trop longtemps pour que tout aille. Elle efface un dernier sourire de sa bouche pour répéter la question. Oliver a les yeux dans le vague. Il avale, joue avec le reste de son steak rouge, le tranche enfin.
« Le Ballet ne m’a pas retenu. » finit-il par avouer, avant de se remettre à mâcher pour ne pas développer. Marina glisse sa main sur la sienne, puis la retire.
« Et toi, les yaourts ?
— J’ai été jusqu’à la présélection… », puis elle hausse les épaules avec un sourire plein de connivence. Oliver renifle et hausse les épaules à tous ces cons.
« Bientôt, ils comprendront tous leur erreur. » dit-il. Puis il ajoute, comme un faux reproche soudain « Tu sais que c’est pour toi que j’avale toute cette viande rouge ?
— Piotr a amené pour moi des galettes de son bled, dit-elle avec un air qui veut bien dire ce qu’elle en pense. Je ne veux pas savoir quel est leur effet réel.
— Elena me prévient que je n’ai pas intérêt à lui demander à elle de me préparer de la viande tous les jours. » Oliver hausse les épaules à son tour.
Les yeux de Marina s’envolent avec un oiseau qui picorait sur le parking, il y a dans ceux-ci des reflets qu’Oliver n’y avait jamais vus. Il sourit. « Tu penses à quelqu’un ?
— Je crois. C’est horrible.
— Action, my darlings, action. » intervient Monsieur Franz, qui n’a semble-t-il pas que ça à faire.
Les spots sont dirigés vers eux, et Marina colle sa joue à celle d’Oliver.
« I want it filthy and kinky, my lads, fait calmement Monsieur Franz, un œil dans le viseur de sa caméra.
— Il… s’appelle Lalo, dit-elle dans un souffle en embrassant Oliver, son propre aveux vient de faire monter sa température de cinq degrés, elle respire par saccades. Là, dans cette chambre d’hôtel au milieu de nulle part, sa jupe jaune tombe par terre ; elle se retourne, prend la position du flipper buttant contre les hanches nues de son partenaire.
— That’s what I’m talking about… »

***

La semaine suivante. Après une longue attente, Piotr pénètre dans la loge de Vladimir Vladim qui, à son entrée, lève les yeux au ciel et se retourne vers son miroir. Il connaît l’agent Piotr, pas besoin de faire les présentations. Qu’il s’asseye là et puis c’est bon. Plus vite ça sera fait, plus vite l’agent suivant pourra venir vendre sa marchandise.
Et durant dix minutes, Piotr parle, raconte, amplifie son actrice, exacerbe Marina ; durant dix minutes, la bouche en O, un Vladim non concerné passe de la crème blanche sur son visage. Quand Piotr se tait enfin, l’Artiste finit par zieuter le reflet de l’agent dans son miroir. Sans se retourner, il dit :
« Vous vous rendez compte qu’il y a très peu de chance pour que votre élément soit repris dans mon spectacle, n’est-ce pas ? »
Puis il fait lentement pivoter sa chaise :
« Vous me dites qu’elle n’a aucune expérience dans le monde de la chanson… (Piotr veut le contredire) …Et ce n’est pas trois ondulations du bassin dans ce clip vidéo qui changeront quoi que ce soit au constat. »
Il admet ensuite :
« C’est difficile. Pour tout le monde. La carrière de cette petite ne démarre pas et j’ai bien peur de vous dire que des gamines plus talentueuses qu’elle se font rabrouer un peu partout dans le métier. Certaines peuvent au mieux briguer une place sur des stands de foire. Je sais que c’est horrible. La jeune fille que vous me présentez va de casting ratés en shootings bidons, et Dieu sait ce que vous me taisez, mais que j’imagine très bien ; que voulez-vous que j’ajoute ? Vous annoncez vous-même la sentence. »
Puis il y revient :
« Prenez-vous ce théâtre pour un tremplin ? C’est un aboutissement ! »
Piotr déforme son chapeau, bêtement assis ; il entrevoit le moment où il devra à nouveau annoncer à Marina qu’elle ne « correspond pas au profil. »
Vladimir Vladim s’est remis à maquiller son front. Il dit :
« Bien entendu, vous avez rempli les papiers. Administrativement, elle a le droit de passer son bout d’essai sur scène. C’est à vous de voir si vous voulez lui épargner ça ou non. Allez parler avec elle. Et appelez le suivant. »

Piotr erre un moment dans les coulisses du théâtre, se demandant s’il est bien à la hauteur de la tâche qui lui a été confiée. Marina est une brave gamine, et elle n’est pas la pire qu’il ait coachée. Elle est grande, pas moche, avec ses cheveux noirs mi-longs, cette frange qui lui fait ce petit casque sympa. Elle a un petit cul qui lui vaut quelques contrats, ce qui finalement maintient financièrement l’Espoir de tomber sur une grande production nationale. Quand elle aura quinze ans, elle pourra encore passer à l’Ouest. Mais le gardera-t-elle jusque-là ?

En attendant, s’il doit se rendre à l’évidence et annoncer à Marina de ranger ses collants pour aujourd’hui, il a aussi, en contrepartie, une très bonne nouvelle à lui annoncer. Il doit pour cela discuter un moment sous les planches avec cette femme.
« Je suis là. » dit Piotr à haute voix.
La femme, habillée élégamment, et marchant à petits pas au milieu de ce fatras que représentent les coulisses, arrive haletante jusqu’à lui.
« Piotr ! Piotr ! Pouvez-vous trouver des endroits pires que ceux-ci pour vos messes basses !
— Vous êtes passée chez Vladim, Katia ? »
Katia s’époussette méticuleusement, le menton rentré dans le cou, laissant filer une minute pour réfléchir au ton à donner à sa réponse. Leur regard connivent suffit finalement ; son élément s’est fait rabrouer tout aussi vertement que celui de Piotr.
« Je ne sais pas ce qu’il cherche, fait-elle. Nos filles ont tout ce qu’il faut.
— Peut-être ont-elles toutes ce qu’il faut. » observe Piotr.
Katia s’est calmée, ou peut-être la réponse qu’elle veut donner à ça l’attriste plus qu’elle peut le cacher.
« Nos filles sont communes, Piotr. J’aime Lola plus que tout. Les espoirs que j’ai placés en elle sont devenus les siens, avec le temps. Je ne sais plus ce qu’il en est pour moi. J’en arrive à mendier des rôles aux autres agents, Piotr. Je ne sais pas si Lola pourra un jour gagner sa vie avec ses prestations. Nous travaillons dur, mais votre élément et le mien vont finir à l’Ouest. J’ai peu d’espoir qu’il en soit autrement. »
Piotr acquiesce lentement, désolé, attendant le meilleur moment pour attaquer, le moment où Katia soufflera de désespoir et lui quémandera une adresse, un piston, un ouï-dire de casting.
« Il existe un moyen de maintenir financièrement l’Espoir, Katia.
— Vraiment ?
— Connaissez-vous un certain Monsieur Franz ? »

***

Minuit. A l’extérieur de la voiture, le sol du parking de l’hôtel est d’un noir luisant de pluie. A l’intérieur, sous le plafonnier, les trois occupants sont statiques, fatigués, amers. Ils attendent. Le chauffage distille dans l’habitacle une odeur de chaussette brûlée.
Piotr a les mains sur le volant et, le cou tendu, il fixe une nouvelle fois les deux fenêtres de la chambre où tout se passe. Il répète :
« Je vous jure qu’on ne voit rien. »
Sur le siège arrière, Elena, nerveuse, fume une énième cigarette.
Le halo qui émane des fenêtres de la chambre est rouge, tamisée par un voile plus clair. Piotr se replace sur son siège, abaisse la vitre de sa portière pour respirer un peu.

Elena, qui venait retrouver son copain Oliver, est arrivée à l’hôtel vers vingt heures. Le tournage pour « Fourteen » dans lequel son copain joue touchait à sa fin. Piotr et Katia, qui étaient assis sur le pas de la porte close, se sont relevés pour l’accueillir.
« Franz a fermé la porte, a annoncé Piotr. Il refuse de nous laisser assister au tournage, ce soir.
— Comment pourrait-il avoir davantage honte que d’habitude ?, s’est crispée Elena. Il y a des animaux ?, puis, tout compte fait : si vous le savez, taisez-vous. »
Le soir tombant, ils ont décidé de se réfugier dans la voiture, et d’attendre.

Elena allume une nouvelle cigarette. Elle a déjà posé la question à Katia, mais la réponse qui lui a été donnée était celle d’une mère, pas celle d’un agent. Elle se retourne cette fois vers Piotr.
« Lola, vous, décrivez-là moi. »
Piotr gonfle les joues, tourne un moment la tête vers la mère de Lola, qui lève une main de dépit, puis souffle silencieusement. Ce qu’elle veut savoir, c’est si cette nouvelle fille avec laquelle Oliver est en train, avec Marina, de tourner – depuis plus de six heures –, pourrait retourner le cœur de son mec. Piotr est conscient que Lola est plus jolie que Marina ; pas vraiment le même genre. Il est coincé entre la mère, qui n’accepterait pas qu’on en dise du mal, et la cocue potentielle, qui n’accepterait pas qu’on en dise du bien.
« C’est du cinéma, Elena, il s’entend répondre après un moment, je ne peux pas juger. Vous devriez prendre ça plus légèrement.
— Mon mec est en train de se taper deux connes qui ont l’âge de mon clebs, s’emporte la copine d’Oliver, excusez-moi de tiquer. »
Elena, continuant à fulminer, se rabat sur la plage arrière. Piotr s’en fout, il se sent zen par rapport à la situation. Et il sait que Katia a aussi ravalé son hystérie quand Franz lui a vidé un sac de liasses sous les yeux. Piotr se surprend à se demander pourquoi Elena n’a finalement jamais été jalouse de Marina. Marina est jolie. Ce n’est pas une bimbo, voilà tout. Qu’est-ce qu’elle peut y connaître, cette conne ?
« Elle a des gros seins ?, insiste Elena.
— Très gros, ment Piotr, et Katia le toise puis sourit silencieusement. Elena, qui avait placé sa tête entre les deux sièges, se rejette une nouvelle fois en arrière, le dos sur la banquette, et rallume une cigarette.
— Ils viennent d’ouvrir la fenêtre. » prévient Piotr, et tous les trois s’extirpent de la voiture.
Quand la porte s’ouvre, deux chiens à l’intérieur se mettent à aboyer. Elena botte un des clébs qui sort en trottinant. Piotr et Katia l’observent, les bras croisés, dubitatifs.
Oliver sort enfin, son manteau en cuir sur le dos, et sans dire un mot, le visage froid, l’homme enjambe son vélomoteur. Repoussant ses questions à plus tard, Elena lui prend la main et au pas de marche, ils quittent l’enceinte de l’hôtel.

***

Quand arrive le mois de mars, ne voyant aucun casting concret à proposer à son enfant, Katia évoque l’idée d’un duo lesbien pour la scène musicale pop, mais Piotr, la tête ailleurs, en écarte vaguement l’idée ; depuis midi il fait les cent pas avec cette page de magazine sous les yeux, obnubilé semble-t-il par un encart publicitaire.
Après leur tournage du jeudi prochain chez Monsieur Franz, annonce-t-il, il faudra illico les saper façon princesses, parce que Channel One Russia propose un casting national.
La mère de Lola souligne ce que vient de lire Piotr : Channel One Russia, comme s’il était question d’une autre ligue que la leur.
L’agent de Marina énumère alors les exigences de la chaîne listées sur le papier offset et, dans le silence qui suit, Katia repose lentement sa tasse de café. Es-tu certain que le coup est à tenter ? Pour toute réponse, Piotr décroche son téléphone et suit du doigt les onze chiffres imprimés sur l’annonce.

***

Tordu qu’il est autour de son appareil photo bazooka, parfois dans des contorsions qui semblent appeler sa chute, le gros photographe prend quatre cent clichés. Quatre cent ; pour une seule fois seulement coucher sur la péloche l’essence des deux sylphides, une unique fois avoir fait poindre de leur âme le superlatif sur lequel se base la campagne. C’est raisonnable.
Sous les spots, après quatre cent poses, les deux filles commençaient à sentir. On vaporise, mais ça retombe toujours. Les poses se sont faites lâches, les énormes bisounours qu’elles tiennent entre leur bras leur irrite le ventre ; on s’est arrêté là, de toute façon ; on a ce qu’on voulait. Piotr et Katia recouvrent leurs deux ouailles de draps qui font deux fois leur taille, et les emmènent vers les petits box où elles sont prises en charge par quelques journalistes. Ils vont leur poser des questions jusqu’à pas d’heure.

La présentatrice du journal national vient leur faire un coucou, leur dit qu’elle est de tout cœur avec elles. Les journalistes leur demandent comment elles vont, durant la campagne, être prénommées ? Quels pseudonymes ? Une tendance se détache-t-elle ? Que pensent-elle du message d’intérêt public dont elles sont maintenant les porte-drapeaux ?

Piotr et Katia sont au bar de la chaîne, se faisant servir avec honte des breuvages exotiques par un serveur Noir. Channel One Russia semble prendre tout en charge d’ailleurs, pas seulement les boissons ; ils ont eu confirmation qu’aucun de ces petits extras ne sera prélevé sur leur cachet. La bouche de Katia forme un sourire incrédule quand elle souffle sur son troisième Thé Blanc.

Dans cette salle de réunion, vide à cette heure, deux designers ont étalé les épreuves à la manière d’un échiquier, sur une table en verre oblongue. Il est passé minuit, et les deux agents Piotr et Katia sont conviés à la petite procession. Intimidés derrière leur tasse de thé, ils font de la figuration, comprennent rapidement qu’ils sont ici histoire de. Un cliché semble mettre tout le monde d’accord et, penchant la tête, les deux agents dodelinent expressément.

Et aussi calmement qu’ils le peuvent, les quatre intermittents sont raccompagnés dans le hall de la chaîne de télévision, Piotr et Katia déroulant une dernière fois leur contrat, tout chiffonné d’avoir été lu et relu, et sortent dans la fraîcheur de cette nuit moscovite, riches et hagards.

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Katia a prévu les sandwich et les canettes. Piotr et les deux filles sont assises sur des pneus et accueillent les vivres avec un éclat de joie. Ils se sont posés sur le parking de ce centre commercial car dans quelques minutes commencera ici la campagne nationale de Channel One Russia.
Devant eux, un panneau publicitaire More O’Ferrall de plusieurs mètres de long va servir de support à la première apparition officielle des deux modèles.
Tous les jours, 30 000 personnes transitent par ce supermarché, par son parking géant. La taille imposante du panneau permet à son support d’être perçu depuis l’autoroute. Lola décapsule un coca, embrasse Marina et entame son sandwich. Ou devrait-on dire : Natacha embrasse Eve. Ces deux prénoms, dans quelques minutes, vont apparaître sur plusieurs mètres au-dessus de leur trogne émerveillées.

Deux fraîches nymphes au regard troublé par ce monde que leur laisse l’Histoire, deux pré-adolescentes d’une pureté absolue, cachées derrière leur ours en peluche, affichant en quatre par trois le traumatisme du vice adulte. Sur 8 000 points de vue, points de vente, partout en Russie.
Eve et Natacha seront dans quelques minutes les innocentes figures de proue de deux continents.

Et quand l’affiche s’affiche, et que la campagne se met en marche comme un énorme engrenage, Eve et Natacha, assises sur leur pneu au milieu de ce parking de supermarché, rigolent en se pointant du doigt.
Dites « non », say NO ! Don’t Ruin Childhood, ne fanez pas l’enfance.
La Russie se réveille avec deux nouvelles égéries à vénérer, avec une nouvelle rédemption à portée de téléphone.

Appelez la hotline de Channel One Russia.

Eve décapsule sa canette, et autour d’eux les voitures commencent à se garer, les gens à faire leurs courses. Et devant leur pare-chocs, ils découvrent, telles des petits oiseaux tombés du nid, les deux enfants affichés tout là-haut, et alors ce monsieur appelle sa femme.
Et bientôt quatre personnes sont autour d’elles, et lentement se prosternent, et Katia et Piotr les imitent, dans un recueillement qui n’a rien de truqué.

Sous le More O’Ferrall, cent personnes maintenant sont agenouillées autour de deux pneus, sur lesquels la pureté a un visage, a deux visages. Un chien en laisse vient leur faire la fête, et Eve le serre dans ses bras, elle connaît ce chien ; au bout de sa laisse se trouve Monsieur Franz, qui vient souvent sur le parking de ce supermarché. Pour vendre des DVD amateurs.
« Du calme mon Isidore ! », fait Eve à l’adresse du chien et tout le monde immortalise cet instant, avec son appareil photo numérique.

Ceci était девушка
Par Christophe Géradon

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Idée de jeu télévisé

27 June 2009 | Télévisuel | Pas de commentaire

Une idée de jeu télévisé. Acte 1, on loge les candidats le vendredi dans un local isolé, coupé du monde, et on les y laisse tout le week-end. Acte 2, le lundi, plateau direct. Chaque candidat se retrouve derrière son pupitre. Un animateur pose des questions concernant ce qui se sera passé durant le week-end, dans cette l’actualité (sportive, people, musicale, politique…) dont ils ignorent tout.
Les questions pourraient être posées sous forme de paris, ou de vrai/faux, etc.

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